ALCOOL & GROSSESSE

11,7% 

61,7% 

des femmes enceintes déclarent avoir consommé de l'alcool durant leur grossesse*

auraient été interrogées sur leur usage d'alcool, mais seulement

auraient reçu des recommandations pour éviter toute consommation**

29,3% 

La consommation d’alcool durant la grossesse, même modérée ou ponctuelle, génère des risques graves pour le futur enfant. L’alcool est tératogène et neurotoxique. 

Les principaux risques 

Quelle que soit la quantité absorbée et quel que soit le type de boisson alcoolisée, la consommation d’alcool pendant la grossesse expose le bébé à des perturbations de son développement. L’alcool peut entraîner des malformations à la naissance et avoir plus tard des impacts sur le quotidien de l’enfant : difficultés d’apprentissage, troubles de l’attention et du comportement pouvant mener au décrochage scolaire et à des difficultés d’insertion sociale. Les conséquences varient en fonction de la quantité d’alcool consommée, de la façon de consommer (ex : plus ou moins rapidement, à jeun ou au cours d’un repas) et des prédispositions génétiques de la mère et du bébé. 

Aucune donnée scientifique ne permet d’affirmer l’absence de risque en dessous d’un seuil de consommation. Le seul message possible est donc : « zéro alcool durant la grossesse ». Si celui-ci est relativement connu, plusieurs études montrent que les conséquences de la consommation d’alcool durant la grossesse sont très mal connues et minimisées. Il est important de pouvoir les évoquer sans dramatiser et sans culpabiliser.  

Idéalement, il s'agirait de stopper toute consommation d'alcool dès qu'un projet de grossesse se prépare. 

Les effets de l’alcool pendant la grossesse  

L'alcool consommé par la mère passe dans le sang du bébé par le placenta. Rapidement, il y a autant d'alcool dans le sang du bébé que dans celui de la mère. De plus, le bébé reste exposé plus longtemps aux effets toxiques de la consommation d'alcool car son jeune foie l'élimine plus lentement. 

   

L'alcool est toxique à tous les stades de la grossesse. Tératogène durant l’embryogénèse et neurotoxique pendant toute la croissance intra-utérine, il perturbe le développement des structures cérébrales, notamment l’hippocampe et le corps calleux. Deux organes qui jouent un rôle majeur dans le transfert de l’information, l’apprentissage et la mémoire.  

Durant la grossesse, les organes du bébé sont sensibles aux effets de l’alcool bu par la mère, avec un risque plus ou moins accru en fonction de leur stade de développement (voir tableau ci-dessous). 

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Les conséquences varient également en fonction de :  

  • la quantité d’alcool absorbée  

  • les modalités de consommation (ex : binge drinking) 

  • l’usage d’autres substances (tabac, cannabis, médicaments, etc.) 

  • la capacité métabolique de la mère et de l’enfant 

  • l’équipement génétique du fœtus, des facteurs nutritionnels, etc. 

Les enfants exposés à l’alcool pendant la grossesse peuvent présenter des troubles neurodéveloppementaux et des malformations physiques dénommés : Trouble du Spectre de l’Alcoolisation Fœtale (TSAF). Une naissance sur 100 est concernée. En savoir plus... 

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La prévention

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Chaque année, la CRAG propose des outils de prévention aux professionnels de santé afin de sensibiliser les femmes enceintes et leur entourage au message « zéro alcool pendant la grossesse ». En savoir plus

Recevoir la visite de l’un de nos DSP (Délégués Santé Prévention) est l’occasion d’échanger et se voir remettre du matériel de prévention gratuitement. 

 

Le RPNA peut également mettre à disposition une exposition de 6 kakémonos sur les addictions et la grossesse et une série d’outils d’aide à la pratique dédiés aux professionnels de santé. 

Santé publique France propose également des outils de prévention (voir le catalogue), disponibles gratuitement sur commande ou via les IREPS de Nouvelle-Aquitaine

Le repérage et l'accompagnement

Afin d’aider les professionnels de santé à aborder la consommation d’alcool lors des consultations, il existe différentes approches et différents outils. 

Le RPIB (Repérage Précoce et Intervention Brève) 

Aborder la consommation de l'alcool pour les professionnels demeure parfois problématique. Or, il est particulièrement important de se sentir à l’aise avec cette question, afin de ne pas paraître intrusif, de rester respectueux de la personne et de ses comportements. 

Le Repérage Précoce et l’Intervention Brève ou RPIB est une des actions ayant le plus démontré son efficacité en pratique clinique. Il est largement soutenu par la Haute Autorité de Santé (HAS). Cette intervention courte, de moins de 5 minutes, est particulièrement adaptée pour favoriser les changements de comportements des femmes et de leur entourage, en l’absence d’addiction.  

La CRAG propose des formations afin de donner aux professionnels de santé les principaux éléments nécessaires à la pratique du RPIB dans le contexte de la grossesse. 

Les questionnaires 

Un questionnaire à destination de la femme enceinte peut également être utilisé comme outil de repérage et de médiation par le professionnel de santé. Voici quelques questionnaires de référence : 

Nos tutoriels : 

Voir aussi l’intervention du Dr Éliane HERRAN, PH, DESC d’addictologie, Centre Hospitalier de la Côte Basque sur la « Réduction des risques chez la femme enceinte » du colloque Addictions & Périnatalité 2021 

Vous trouverez d'autres informations utiles et outils sur ces sites : 

L'orientation

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L’association COREADD propose et met à jour régulièrement Addictoclic, un annuaire répertoriant les structures de premier recours recevant des personnes non hospitalisées (consultations externes) ou des associations d’entraide en Nouvelle-Aquitaine.

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Addictoclic a pour mission d’accompagner la communauté des professionnels de santé des territoires dans le champ des addictions. Vous y retrouverez les contacts et les ressources spécialisées au plus proche de chez vous, pour orienter vos patients présentant des troubles de l’usage avec l’alcool, le tabac, le cannabis, les jeux d’argents et autres. Un filtre public « femmes enceintes » permet de filtrer les résultats. 

*Baromètre Santé 2017

**Enquête périnatale 2016